Services publics, emploi,
retraites et temps de travail :

Les enjeux de l'an 2000


Dans le même temps où le premier ministre annonce la résorption du chômage d'ici 10 ans et déclare la guerre à l'emploi précaire en proposant de taxer les entreprises qui abusent des CDD, son propre gouvernement refuse d'engager des négociations sur la réduction du temps de travail créatrice d'emploi, sur la création d'emplois publics pour améliorer le fonctionnement des services publics et pour résorber la précarité et propose de remettre en cause les régimes de retraites en vue d'allonger la durée de cotisations.

Pour la FSU, le service public doit jouer un rôle moteur dans la résorption du chômage. Pour cela, la Fonction publique, premier employeur de France (25% de la population active) doit montrer l'exemple en matière de réduction du temps de travail. Au lieu de cela, le rapport Roché, commandé par le ministre de la fonction publique expose une présentation tendancieuse du temps de travail des fonctionnaires, qui, en omettant d'associer les conditions de travail aux conditions d'exercice du service public, tend à culpabiliser les fonctionnaires. Pour la FSU, au contraire, la RTT doit concerner la fonction publique comme le reste des salariés, en :

Sur les retraites, le FSU a dénoncé depuis le début la campagne de dramatisation orchestrée par le commissaire au plan Jean-Michel CHARPIN. En effet, les projections à l'horizon 2040 ne sont pas réalistes, d'une part parce que nul ne peut prévoir à un horizon si lointain, l'évolution démographique mais également parce qu'elles sont faites sur la base d'un taux de chômage persistant à 9%. Il est pour le moins contradictoire que le gouvernement s'appuie sur une telle démonstration tout en déclarant la fin du chômage pour dans dix ans!!! Sur proposition de la FSU, Charpin a fait la démonstration qu'avec un taux de chômage à 3%, il n'y a plus de problème de financement des retraites à long terme.

Pour ce qui est des propositions avancées par Charpin :

1°) harmoniser les retraites du public et du privé, en allongeant le nombre d'annuités à 42 ans et demi. D'une part cette proposition pénalise l'emploi. De plus, cette proposition est pour le moins surprenante au moment où les employeurs cherchent à renouveller et rajeunir leur personnel (Cf. Renault et Peugeot, négociations sur la reconduction de l'ARPE), tout comme la fonction publique favorise les départs anticipés (congé de fin d'activité ou cessation progressive d'activité). Enfin, on peut difficilement envisager, à la veille du 21ème siècle, un recul social de ce type, surtout dans la mesure où il ne règle rien, puisqu'en maintenant un niveau de chômage élevé, il conserve entier le problème du financement des retraites. Si la FSU est favorable à une harmonisation Public/Privé, c'est en revenant sur le passage de 37,5 à 40 annuités dans le privé que Balladur avait imposé en 93.

2°) Mise en place d'un fonds de réserve ou de fonds de pension : D'une part il est illusoire de croire que ce qui sera épargné aujourd'hui, sera forcément restitué demain, dans la mesure ou personne ne peut prévoir quels seront les taux d'intérêt de l'épargne à une échéance aussi lointaine qu'une carrière de 35 à 40 ans. Par ailleurs, tous les soi-disant experts favorables aux fonds de pensions éludent cette question pourtant cruciale : "comment passe-t-on d'un régime par répartition à un régime par capitalisation ? : cotise-t-on 2 fois ou cesse-t-on de payer les actuels retraités?"

Enfin, dernier débat dans lequel la FSU souhaite bien peser : celui de l'emploi public. Non les services publics ne sont pas une charge. Non, l'emploi public n'est pas un coût pour la société. Bien au contraire c'est un facteur de régulation sociale et de plus juste répartition de la richesse. Quel coût représenterait l'école ou la santé s'ils n'étaient pas pris en charge par l'ensemble de la collectivité mais seulement par leurs bénéficiaires (il n'est qu'à faire référence aux soins dentaires ou certaines hospitalisations pour comprendre). Ce n'est pas un hasard si certains réfutent l'utilité du développement des services publics. Il faut bien admettre que les plus acharnés sont ceux qui ont les moyens de recourir aux services privés. Et leurs enfants, à quelques exceptions près n'ont pas de problèmes d'avenir.


© Snetap-FSU 1999 - Dernière mise à jour le dimanche 1 mai, 2005 11:58