Rencontres F. Fillon/organisations syndicales
du 18 avril 2003

Dépêches de presse


AP vendredi 18 avril 2003, 18h36

Retraites : la FSU appelle à un mouvement "massif" et "unitaire" des salariés

PARIS (AP) - Le représentant de la FSU, le principal syndicat de la fonction publique et de l'éducation, a appelé vendredi à un mouvement "massif", "unitaire", et "interprofessionnel" contre les propositions du gouvernement sur la réforme des retraites.

"Je pense que la mobilisation sera forte" dans l'éducation, a estimé Gérard Aschieri, à son arrivée au ministère des Affaires sociales, où il devait s'entretenir avec François Fillon et Jean-Paul Delevoye. "Ce n'est pas seulement une affaire de fonctionnaires, c'est bien l'affaire de tous les salariés", a-t-il affirmé. Il a dénoncé un projet gouvernemental qui ne contient que "quelques gouttes d'améliorations dans un océan de mesures négatives".

"On axe toute la réforme sur l'allongement de la durée de cotisation, qui va aboutir automatiquement à une baisse des pensions", a-t-il déploré. AP


AP vendredi 18 avril 2003, 20h12

Retraites : le gouvernement reste dans le flou, les syndicats haussent le ton

PARIS (AP) - Les syndicats haussent le ton sur la réforme des retraites. Déçus par le "flou" des premières propositions qui leur ont été remises vendredi par le gouvernement, les dirigeants syndicaux ont multiplié les appels à la mobilisation, voire à la grève, contre un projet de "destruction" du système par répartition.

Premiers syndicats reçus par François Fillon et Jean-Paul Delevoye, dans le cadre des dernières rencontres bilatérales avec les partenaires sociaux sur la réforme phare du gouvernement, la CFDT et FO se sont vu remettre par les deux ministres un document de quatre pages sur l'architecture générale du projet de loi qui sera présenté fin mai en Conseil des ministres.

Intitulé "Propositions soumises à concertation", ce texte, vague et sans précisions chiffrées, se contente de rappeler les objectifs généraux de la réforme : "assurer un haut niveau de retraite", "préserver l'équité", donner "plus de liberté pour les cotisants" et "éclairer l'avenir du financement à court terme de la branche vieillesse".

Hormis la confirmation de mesures déjà connues, comme l'alignement en 2008 de la durée de cotisation des fonctionnaires sur le privé, les ministres des Affaires sociales et de la Fonction publique ont apporté quelques précisions nouvelles aux partenaires sociaux.

Le gouvernement propose notamment d'énoncer "un objectif de retraite" pour les personnes ayant effectué une carrière complète au niveau du SMIC et "d'ouvrir progressivement le droit à une retraite anticipée" pour les salariés ayant commencé à travailler très jeunes.

Pour le reste, des incitations sont prévues pour pousser les salariés à rester au travail après 60 ans. Une "surcote" (bonus) de 2 à 3% sera accordée pour toute année effectuée au delà de 60 ans.

Ces précisions ont été jugées "insuffisantes" par les syndicats, qui redoutent une baisse générale du niveau des retraites. La CFDT, syndicat jusque là le mieux disposé à l'égard du gouvernement, a en particulier changé de ton.

Jugeant que ces propositions "ne sont pas à la hauteur", François Chérèque, qui n'avait pas participé à la mobilisation du 3 avril, a donc appelé tous les salariés du public et du privé à se mobiliser "dès la première quinzaine de mai" pour "faire pression" sur le gouvernement. Il a précisé qu'il allait "discuter dans les jours qui viennent" avec les autres confédérations des modalités de cette journée d'action. Une réunion de l'ensemble des syndicats est prévue pour le 23 avril.

La CFDT n'a obtenu aucune réponse sur ses revendications, comme la fin des retraites inférieures au SMIC. François Chérèque a également réclamé en vain le droit pour tous les salariés qui ont déjà cotisé 40 ans de pouvoir partir à la retraite avant l'âge légal de 60 ans.

Sans illusion sur la réforme, Marc Blondel (Force Ouvrière) n'a pas hésité à appeler les salariés à faire "grève" entre le 1er et le 15 mai contre le projet du gouvernement. Le secrétaire général de FO est même allé jusqu'à brandir la menace d'une grève générale du type 1995.

Gérard Aschieri, le représentant de la FSU, principal syndicat de la fonction publique et de l'éducation, a également appelé à un mouvement "massif", "unitaire", et "interprofessionnel". "Ce n'est pas seulement une affaire de fonctionnaires, c'est bien l'affaire de tous les salariés", a-t-il souligné. Le représentant de l'UNSA (Union des syndicats autonomes), Alain Olive, prévoyait aussi un "mois de mai assez agité".

En plus de leurs craintes sur le fond, les syndicats sont exaspérés par la méthode du gouvernement. "Il se refuse à nous répondre, il nous prend par la main pour nous emmener dans la forêt", s'est insurgé Marc Blondel.

"On a des choses fermes - les mesures régressives - et ce qui pourrait être positif, c'est renvoyé à des discussions ultérieures", a déploré M. Aschieri.

"On a des ministres qui sont manifestement des grands spécialistes de la samba : un pas en avant, un pas en arrière", a commenté Jean-Luc Cazettes (CGC). Contrairement à ses collègues, le représentant des cadres n'a pas appelé ses adhérents à la mobilisation. Mais il n'a pas caché que "le compte n'y est pas".

Si les syndicats haussent le ton, le patronat juge le projet "trop faible et trop timoré". Représentant des petites et moyennes entreprises, Jean-François Roubaud (CGPME), a déploré l'absence dans les propositions gouvernementales d'un système d'épargne retraite "accessible à tout le monde", et les "positions très marquées de certains syndicats de salariés". La CGPME militait pour un alignement dès 2003 de la durée de cotisation du public sur le privé.

Les deux ministres doivent poursuivre mardi leurs consultations, en recevant notamment la CGT et le MEDEF. AP


RETRAITES-SOCIAL - 18/04/2003 20h12 - AFP

Les mesures Fillon-Delevoye annoncent un mois de mai agité
(PAPIER GENERAL ACTUALISE avec réactions CFDT et FSU)

PARIS, 18 avril (AFP) - Les syndicats, de nouveau unis sur le front des retraites, ont annoncé manifestations, voire grèves tout au long du mois de mai pour s'opposer au projet du gouvernement sur les retraites, synonyme, selon eux, d'une "dégradation" des pensions.

La CFDT, jusque là principal soutien du gouvernement mais qui exigeait des réponses chiffrées à ces revendications, a ouvert le bal de la contestation à la sortie d'une rencontre bilatérale avec François Fillon et Jean-Paul Delevoye lors de laquelle les ministres lui ont remis un texte, jugé "trop flou".

"Ces propositions sont insuffisantes, le compte n'y est pas", a déclaré son secrétaire général, François Chérèque.

"Je souhaite une mobilisation dans la rue du maximum de salariés qui peuvent se le permettre, pour améliorer la réforme" au cours de la première quinzaine de mai, a affirmé M. Chérèque plus tard sur France Info.

"Nous laisserons le choix à nos sections syndicales de décider en entreprises ou dans les administrations s'il faut faire une grève", a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de FO, Marc Blondel, a fustigé l'absence de propositions chiffrées et le mutisme du gouvernement sur le financement des retraites.

"C'est la destruction du système de retraite, c'est une cure d'amaigrissement sur fond de rigueur!", ajoutant qu'un "dossier comme celui-là mérite une grève".

"Dans le projet, les choses fermes sont des mesures régressives et celles qui pourraient apporter un " plus " sont renvoyées à plus tard", a déploré Gérard Aschieri (FSU).

Tout aussi déçu, le secrétaire général de l'Unsa, Alain Olive, prédit "un beau mois de mai, assez agité".

La CFTC, qui ne sera reçue que mardi comme la CGT, a déjà jugé "ne pas avoir été entendue" et devoir "très rapidement se tourner vers une mobilisation".

Les 38 propositions du texte gouvernemental, formulées un mois juste avant son examen en Conseil des ministres, rentrent dans le détail des orientations générales présentées fin mars, mais n'apportent aucun élément chiffré, ni sur le niveau des pensions, ni sur le financement des régimes.

Allonger la durée du travail

Parmi les mesures "soumises à concertation", le gouvernement propose de décider dès 2003 du principe d'une augmentation de la durée de cotisation après 2008 pour maintenir la répartition entre le temps de travail et le temps de retraite (actuellement deux tiers - un tiers). La réforme serait ajustable, avec des rendez-vous en 2008, 2013 et 2018.

Il entend aussi modifier les règles de calcul des pensions, pour intégrer le passage à 160 trimestres de cotisation, ce qui aboutirait à une baisse du niveau des retraites et permettrait d'économiser 1,7 milliard d'euros.

"Le droit de liquider sa retraite reste ouvert à 60 ans", et le gouvernement envisage de créer une bonification (surcote) de 2 à 3 % par année effectuée en sus de la durée normale de cotisation ainsi que d'alléger l'abattement en cas de durée de cotisation incomplète (décote) du régime général, actuellement de 10 % par année manquante.

Le document souhaite fixer un objectif de retraite minimale garantie pour les bas salaires, sans le chiffrer, restreindre l'accès aux pré-retraites et améliorer les retraites des pluri-pensionnés (30 % des salariés).

Pour la Fonction publique, le texte reprend les mesures annoncées mercredi par M. Delevoye : allongement à 40 ans de la durée de cotisation, augmentation du taux de cotisation pour l'aligner sur le privé, création d'une décote et d'une surcote, mais ne reprend pas l'idée de la création d'une caisse complémentaire pour l'intégration des primes.

Concernant le financement, le texte propose d'abonder le Fonds de réserve des retraites et de "prévoir un redéploiement des prélèvements obligatoires".

M. Fillon "nous explique qu'on va pouvoir transférer prochainement les surplus de l'assurance chômage pour financer les retraites : on peut toujours rêver!", s'est exclamé le président de la CFE-CGC, Jean-Luc Cazettes.


RETRAITES-SOCIAL - 18/04/2003 19h55 - AFP

Retraites : Gérard Aschieri (FSU) appelle à une "large mobilisation"

PARIS, 18 avril (AFP) - Le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, a appelé vendredi à une "large mobilisation" des salariés du public et du privé sur les retraites et souhaité des "manifestations et des grèves".

"Nous avons des désaccords de fond avec le projet qui nous a été proposé, le ministre continue à ne pas s'engager sur le niveau des pensions", a déclaré M. Aschieri, à l'issue d'une rencontre avec les ministres des Affaires sociales et de la Fonction Publique.

"On pense qu'il va falloir que les salariés du public et du privé s'en mêlent. On veut un appel large des fonctionnaires et des salariés, à une mobilisation interprofessionnelle", a indiqué M. Aschieri, qui a précisé qu'il souhaitait un appel à des "manifestations et à des grèves".

"On n'exclut aucun type d'action, il nous semble qu'on ne peut pas attendre trop longtemps", a-t-il dit.

"Dans le projet, les choses fermes sont des mesures régressives et celles qui pourraient apporter un " plus " sont renvoyées à plus tard", a-t-il déploré.

"Le projet gouvernemental fait de l'allongement de la durée de cotisation l'axe central de la réforme, il ne garantit pas le financement. En agissant comme ça, il promet des baisses du niveau des retraites", a-t-il expliqué.

"Il nous semble que le projet tourne le dos à ce qui nous paraît nécessaire à une réforme solidaire des retraites, c'est-à-dire qui donne des assurances aux Français sur ce que va être leur niveau de retraite et qui prenne en compte l'évolution du travail et de la formation", a-t-il ajouté.

"On souhaite ne pas avoir une réforme bâclée en trois mois, on a besoin d'un vrai débat de fond", a-t-il conclu.

sla-ber/juc/jlb

© 1994-2003 AFP


RETRAITES-SOCIAL - 18/04/2003 15h23 - AFP

La CGT annonce un 1er mai "sous le signe de l'unité et de l'offensive"

PARIS, 18 avril (AFP) - Le bureau confédéral de la CGT a annoncé vendredi "un 1er mai sous le signe de l'unité et de l'offensive sociale" dans tous les départements, en précisant dans un communiqué "qu'elle veut faire de ce rendez-vous un succès d'une ampleur exceptionnelle".

"Le 1er mai sera l'occasion de marquer la détermination des salariés, du privé comme du public, à se faire entendre et d'imposer au gouvernement et au patronat d'autres choix", a expliqué la CGT en appelant "l'ensemble de ses organisations professionnelles et interprofessionnelles (...) à mobiliser massivement les salariés".

Elle reproche au gouvernement, dans les mesures annoncées, "de remettre en cause le droit à la retraite à 60 ans" et estime que "les problèmes de retraite appellent, eux aussi, à une vaste mobilisation".

La CGT émet "l'idée d'une manifestation nationale unitaire fin mai en lien avec les autres revendications notamment, celle du droit à l'emploi, contre les licenciements et pour une véritable sécurité sociale professionnelle".

La confédération, dirigée par Bernard Thibault, souligne qu'elle est "disponible pour examiner toutes les autres formes d'initiatives utiles à prendre pour élargir la mobilisation".


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