Un projet qui tourne le dos
à une réforme de progrès

Communiqué FSU


La FSU a été reçue le vendredi 18 avril pendant une heure et quart par F. Fillon et J. P. Delevoye qui lui ont présenté les éléments qui devraient être retenus dans la communication au conseil des ministres du 7 mai puis dans le projet de loi de réforme des retraites soumis au conseil du ministres du 28 mai.

Elle leur a montré en quoi les mesures avancées tournaient le dos aux exigences d'une véritable réforme de progrès permettant d'assurer l'avenir de retraites solidaires et de prendre en compte l'évolution du travail pour notre société.

Refusant de traiter la question de financements nouveaux autrement qu’en redéploiements et confirmant pour les salariés du privé l'essentiel des dégradations programmées par la réforme Balladur, le projet actuel est centré sur l'allongement de la durée de cotisation et sur l'instauration d'une décote pour les fonctionnaires.

Le passage à quarante annuités pour les fonctionnaires est explicitement une première étape en vue d'un allongement ultérieur pour tous dont le principe est d'ores et déjà décidé. Les solidarités entre actifs et retraités continuent à être remises en cause pour le privé avec le maintien de la déconnexion de l'évolution des pensions de celle des salaires de la réforme Balladur et dans la Fonction publique les retraités ne pourront plus bénéficier des mesures de revalorisation des actifs.

L’effet conjugué de toutes ces mesures ne peut qu’amplifier et généraliser une baisse des taux de remplacement et remettre de fait en cause le droit à la retraite à 60 ans. Simultanément, l’amélioration des taux d'emploi, en particulier pour les "seniors", se réduit à quelques pétitions de principe et l'ensemble des propositions syndicales pour développer de nouveaux droits, faciliter la transition entre activité et retraite, prendre en compte la pénibilité et valider les années d'inactivité forcée et d'études sont largement esquivées.

L'état du projet actuel n’avance aucun chiffre sur l’évolution future du taux de remplacement mais il fait le choix d'une très sévère amputation des droits à la retraite pour tous les secteurs, il fragilise dangereusement à terme la répartition et condamne de ce fait au développement d'une épargne individuelle inégalitaire. Il va à l'encontre des grands objectifs avancés par les organisations syndicales pour faire converger les droits des salariés du privé et du public, pour garantir et financer l'avenir des retraites.

La FSU a mis en garde les deux ministres sur les risques d’un conflit majeur que provoquerait le maintien de ces orientations.

Elle confirme son appel aux personnels à se mobiliser pour empêcher ces reculs et faire prévaloir un projet solidaire intégrant les droits des salariés du privé.

Elle contribuera à ce que les rencontres entre les fédérations de fonctionnaires et l'ensemble des organisations syndicales prévues les 22 et 23 avril débouchent sur des décisions d'actions unitaires les plus larges possibles dans le prolongement du 1er mai.

Le 19 avril 2003


SNETAP-FSU 2003 - Mise jour du  vendredi 1 avril, 2005