Rentrée 2004 : une situation très alarmante

Le SNETAP appelle les personnels à se mobiliser


De nombreuses incertitudes

Les informations dont nous disposons nous conduisent à craindre une rentrée scolaire très dégradée et des difficultés de fonctionnement pour de nombreux établissements dans l’enseignement agricole public (EAP).

Par ailleurs, le SNETAP dénonce le coup de force du gouvernement qui a maintenu sa décision de transférer les TOS avec effet au 1er janvier 2005 et a fait entériner cette disposition par le Parlement dans la loi de décentralisation votée pendant l’été. Dans l’attente de ce transfert, le ministère se dédouane déjà et compte sur le budget des établissements pour financer les postes de TOS non pourvus ou assurer les remplacements.

La DGER dans une situation financière difficile

Le non-paiement des heures supplémentaires dues aux enseignants en juin dernier semble confirmer les graves difficultés financières que rencontrerait la DGER.

Dès lors, comment imaginer que les engagements pris le 3 juin dernier par son directeur général – à la suite des pressions que nous avions exercées – de " respecter les référentiels de formation en inscrivant toutes les heures obligatoires aux emplois du temps des classes " et de " financer la totalité des formations inscrites aux structures des établissements à la rentrée 2004 " pourront être tenus ? Comment croire également que la promesse faite aux organisations syndicales par cette même DGER d’organiser en septembre une commission de reclassement pour les agents contractuels d’enseignement non encore réaffectés sera honorée ?

Les difficultés financières vont encore s’aggraver puisque la politique éducative actuelle du MAAPAR vise à adapter les besoins de l’EAP aux seuls moyens disponibles et ne propose comme perspective à notre enseignement agricole public que de " s’adapter aux besoins de formation de l’économie rurale " !

La rigueur pour le Public, un régime de faveur pour le Privé !

Les moyens ne cessent d’être programmés à la baisse pour le Public alors qu’ils sont globalement maintenus pour le Privé, dont les différentes composantes ont de plus obtenu une revalorisation de leur subvention, alors que dans le Public 195 emplois ont été supprimés sur les années 2003 et 2004, la DGH (1) a été réduite de 1,5% à la rentrée 2004 et qu’on impose aux familles de financer des emplois de TOS par prélèvement de 22,5% du montant des pensions versées.

Le SNETAP ne peut accepter cette nouvelle dégradation du service public d’enseignement agricole qui conduit au maintien voire à l’aggravation de la précarité et se traduit par des conditions d’exercice de nos métiers détériorées.

Le SNETAP n’accepte pas qu’un nombre important de nos collègues contractuels ATOSS et enseignants restent toujours à quelques jours de la rentrée dans l’incertitude de leur réemploi.

Le SNETAP n’accepte pas davantage que l’autonomie pédagogique des établissements soit mise en avant pour mieux masquer le non-respect des référentiels, alors que la vraie raison réside dans l’insuffisance des moyens.

S’informer et se préparer à l’action

Devant la gravité de la situation, le Bureau national du SNETAP, réuni le 26 août, a adressé en urgence un nouveau courrier au Ministre de l’Agriculture. Le Secrétariat général sera reçu à sa demande par le Directeur Général et son adjoint le 1er septembre et va solliciter une audience auprès du Cabinet du Premier Ministre.

Le Bureau national du SNETAP a déposé un préavis de grève couvrant la période du 2 au 15 septembre pour les établissements rencontrant des difficultés qui souhaiteraient s’engager dans l’action. Il proposera à son Conseil National, qui se réunit les 15 et 16 septembre, d’appeler les personnels de l’EAP à la grève au cours de la 3e semaine de septembre afin d’exiger les moyens nécessaires au fonctionnement des établissements, y compris par le vote d’un collectif budgétaire en 2004.

Le SNETAP appelle les personnels à s’informer précisément de la situation dans leur établissement et à se réunir en assemblées générales unitaires afin de construire l’indispensable mobilisation et de préparer l’action.

Avant d’arrêter la date et les modalités de cette action, le SNETAP prendra contact avec les autres organisations syndicales représentatives de l’EAP pour leur proposer d’appeler les personnels à une action unitaire. Il informera les associations de parents d’élèves et les appellera à soutenir l’action des personnels.

Paris, le 30 août 2004


1) Dotation Globale Horaire : moyens de fonctionnement alloués aux établissements par la DGER


SNETAP-FSU 2004 - Mise jour du  jeudi 2 septembre, 2004