Grilles horaires

L'arnaque comptable de la DGER !


Alors que la DGER nous avait donné le sentiment d'avoir entendu les protestations des équipes pédagogiques, des proviseurs et de l'Inspection à l'issue du groupe de travail du 17 février organisé avec les organisations syndicales représentatives de l'Enseignement Agricole Public, et donc vouloir infléchir significativement son projet initial, la dernière réunion qui s'est tenue le 9 mars dernier en présence du directeur adjoint de la DGER, nous a démontré le contraire.

En effet, comme nous vous l'annoncions dans le communiqué intersyndical adressé aux sections dès le 11 mars, la DGER a fait le choix de l'inflexibilité et du dialogue de sourds.

Le projet qui nous a été soumis le 9 mars est quasiment identique, à quelques rhabillages formels près, à celui du 17 février dont nous avions fait l'analysedans un 8 pages spécial adressé à tous les établissements.

Les « rhabillages » de la DGER : royal !

Parmi les « rhabillages » proposés, la généralisation de la « neutralisation » de 2 semaines (sur un cycle complet de 2 ans) à tous les diplômes pour prendre en compte l'absence des élèves libérés pour les examens de fin de cycle. Quelle avancée !

Seul le référentiel du BEPA ne prévoyait aucune « neutralisation », alors que le BTA et le BTSA affichaient déjà 2 semaines, que le le Bac Pro et le Bac Techno en totalisaient 8 et le CAPA 10 !

Mieux encore : cette neutralisation de 2 semaines n'a aucun effet sur l'horaire hebdomadaire moyen, y compris pour le BEPA à qui cette nouvelle mesure aurait dû profiter.

Tiens, voilà les magiciens... !

Comment expliquer à quelques syndicalistes - et littéraires - mal embouchés que dans deux hypothèses de travail différentes (la première dans laquelle aucune semaine n'est neutralisée pour les 6 diplômes de l' Enseignement Agricole et la seconde dans laquelle on neutralise 2 semaines pour les mêmes diplômes), l'horaire hebdomadaire moyen ne varie pas ?

Mais c'est bien sûr ! Il suffit d'inverser la méthode de calcul !

Alors que les référentiels calculent un horaire hebdomadaire moyen en divisant le volume horaire global de la formation par le nombre de semaines de présence des élèves (ou le nombre de semaines estimé complètes comme le fait par exemple le Bac Pro), les magiciens de la DGER multiplient un horaire hebdomadaire moyen invariable fixé de façon purement arbitraire (au mépris des référentiels) par un nombre de semaines lui aussi invariable et déterminé de façon arbitraire (toujours au mépris des référentiels).

Du grand art, puisqu'en inversant la méthode de calcul on obtient un volume horaire total assez proche de celui du référentiel... !

Les promoteurs de ce savant tour de passe-passe peuvent donc, comme ils l'ont fait le 9 mars devant nous, jouer les vierges effarouchées en déclarant la main sur le coeur « que vraiment non, ils n'ont aucune volonté de faire des économies, que les volumes horaires des formations sont à peu près inchangés... ».

Ces « bricoleurs » de référentiels pensaient-ils naïvement que nous ne verrions rien, ou plutôt que nous ne verrions pas que le volume horaire total obtenu par leur nouvelle méthode de calcul est un volume de formation purement fictif ?

DGH et horaire hebdomadaire

Car si les volumes horaires totaux des formations varient peu en effet, l'horaire hebdomadaire moyen des élèves est bel et bien en baisse pour quasiment tous les diplômes (cf tableau ci-dessous).

Or, les emplois du temps des élèves - qui servent de base à l'établissement des fiches de service des enseignants - sont bien construits dans les établissements à partir de l'horaire hebdo et non de l'horaire total de la formation.

Avec une mauvaise foi caractérisée, la DGER confond ou plutôt feint de confondre dotation globale horaire (et donc affectation de moyens) et horaire hebdomadaire réellement des élèves.

Si comme elle le prétend elle affectera pour une filière un volume horaire globalement identique à celui imposé par les référentiels alors que l'horaire hebdomadaire aura baissé, à quoi serviront les heures non utilisées réellement ? A cette question posée par le SNETAP le 9 mars, les réponses de la DGER ont été pour le moins équivoques et peu convaincantes.

Dans la SIBL'E de la DGER : les élèves et les enseignants

Les premières victimes de ce projet de la DGER sont évidemment les élèves à qui les enseignants, inévitablement, transmettront des contenus de formation appauvris et pour lesquels les apprentissages seront rendus plus difficiles, notamment par le relèvement des seuils de dédoublement ou la suppression de la mise à niveau.

Quant aux enseignants, ils risquent de payer le prix fort à la fois en termes d'emploi (licenciement massif de contractuels à la fin de la présente année scolaire, obligation de compléter leur service sur 2 établissements, mutations d'office, baisse du nombre de postes aux concours...) ou de conditions de travail (polyvalence accrue, classes plus chargées, nombre plus élevé de classes à leur emploi du temps...) s'ils ne se mobilisent pas fortement contre ce projet dévastateur.

Le tableau ci-dessous donne une indication précise des baisses des volumes de formation (en nombre d'heures hebdo, en nombre d'heures total sur l'ensemble de la formation et en %) pour chaque diplôme.

Diplômes

Nombre de semaines prévu par le référentiel pour calculer l'horaire hebdomadaire

Horaire hebdomadaire moyen calculé à partir du référentiel

Nombre de semaines fixé par le projet de la DGER

Horaire hebdomadaire moyen calculé à partir du projet de la DGER

Ecart entre le référentiel et le projet de la DGER en nombre d'heures hebdo

Ecart entre le référentiel et le projet de la DGER en nombre d'heures sur l'ensemble de la formation (1)

Ecart entre le référentiel et le projet de la DGER en % total de la formation

CAPA

50

30 h

58

26,5 h

- 3,5 h

- 235 h

- 15,06 %

BEPA

62/64

De 29 h
à 30 h 15

62

29 h

de 0
à – 1 h 15

- 58 h

- 3,12 %

BTA

60

Non indiqué clairement
Environ 31 h

Non indiqué clairement
Estimé à 60

29,5 h

- 1,5 h

- 90 h

- 4,83 %

Bac Pro

52

31 h

58

28,5 h

- 2,5 h

- 130 h

- 8,06 %

Bac Techno

60

31 h

64

29 h

- 2 h

- 120 h

- 6,45 %

BTSA

60

31 h
(horaire qui n'est pas précisé dans tous les référentiels)

60

30 h

-1h
en moyenne

- 60 h

- 3,22 %

(1)  l'écart est mesuré entre le volume horaire total des formations précisé par les référentiels et le volume obtenu en multipliant l'horaire hebdo proposé par la DGER par le nombre de semaines indiqué par ces mêmes référentiels (exemple pour le CAPA : 26,5 x 50 = 1325, 1560 - 1325 = - 235h)

Les autres « rhabillages »

Surtous les autres points mentionnés dans notre 8 pages, peu de choses ont changé.

Concernant les seuils de dédoublement, la difficulté évoquée des capacités des laboratoires est renvoyée à « une prise en compte différenciée de la dotation de l'établissement dans le cadre de la DGH régionale »... !

Même chose pour la mise à niveau supprimée en BEPA, Bac Pro et Bac Techno.

Enfin, la réaffectation d'1 h 30 pour le Bac Pro (le premier projet de la DGER prévoyait un horaire hebdo ramené à 27 h/s) et d'1 h 30 pour le Bac Techno (le premier projet prévoyait un horaire hebdo de 27,5 h/s) donne lieu à des reventilations entre disciplines. Par ailleurs, certaines anomalies constatées dans la pratique des arrondis à la demi-heure (par exemple entre les maths et l'informatique en BTSA) ont été corrigées.

André Blanchard
Secrétaire Général Adjoint


SIBL'E : Simulation des Besoins de l'Enseignement. Il s'agit du nouveau logiciel de dotation pédagogique qui succédera à GEODE.

Le projet de nouvelles grilles de la DGER pourrait se traduire, selon une projection qui reste à affiner, par la suppression d'au moins 500 à 600 postes


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