C.P.C. plénière du 21 mars 2005

Déclaration intersyndicale

SNETAP-FSU

SGEN-CFDT

SFOERTA-FO

SYAC-CGT


Depuis le début de l'année, la DGER conduit une opération qu'elle nomme "harmonisation des grilles horaires". Malheureusement, sous couvert d'harmonisation et de simplification, c'est à un projet qui porte atteinte à la qualité de nos formations auquel nous sommes confrontés.

Comme vous le savez, dans l'enseignement agricole, les programmes de formation sont déclinés dans des référentiels, qui précisent les objectifs à atteindre, indiquent le contenu à enseigner et fixent la durée d'enseignement pour les deux ans de chaque formation. La construction de ces référentiels s'est faite dans un souci d'efficacité pédagogique, en tenant compte des situations réelles de formation. En particulier, les durées des stages en entreprise, des activités pluridisciplinaires et des temps d'examen avaient été prises en compte. En tant que membres de la CPC, vous-même ou vos prédécesseurs avez examiné, amendé et approuvé ces référentiels.

La division de l'horaire total de la formation par le nombre de semaines de présence effective des élèves, aboutissait à un horaire moyen hebdomadaire par cycle, en fonction de critères qui ont évolué au cours des diverses rénovations et qui ont entraîné des grilles horaires diverses.

En fonction de ces données, chaque équipe de direction, normalement en collaboration avec l'équipe pédagogique, établit les emplois du temps. Cependant, entre établissements, les modalités de calcul des horaires ne sont pas toujours identiques et des différences hebdomadaires apparaissent.

Le projet d'harmonisation dont la nécessité était reconnue et acceptée par tous les partenaires devait améliorer la lisibilité des référentiels et en faciliter la mise en œuvre.

Or, alors que cette opération purement technique aurait dû être simple, et ne provoquer aucun conflit, le projet présenté a provoqué les réserves, puis l'opposition de l'ensemble des acteurs sur le terrain et des organisations syndicales représentatives. En effet, nos organisations syndicales ont toutes les raisons de penser que l'administration, sous couvert de cette harmonisation, voudrait justifier une restriction drastique des moyens en imposant une réduction des horaires hebdomadaires, et donc des horaires totaux que des expertises croisées permettent d'estimer à au moins 5% en moyenne, sans modification du contenu des enseignements.

Face à ces critiques, l'administration a voulu nous faire croire qu'elle prenait en compte nos remarques, en acceptant de reconnaître que le nombre de semaines de présence effective des élèves était inférieur à son estimation initiale. Par exemple, pour les bacs technologiques, la DGER a ramené ce temps reconnu de 68 à 64 semaines, alors que le référentiel, seul document légal, reconnaît 60 semaines seulement de présence des élèves. Pour les baccalauréats professionnels, elle porte le nombre de semaines à 58 alors que le référentiel, qui vise à prendre en compte la réalité, calcule l'horaire de formation sur 52 semaines.

Ce qui nous est présenté comme une avancée n'est qu'une duperie, puisque entre les deux versions du projet, l'horaire moyen hebdomadaire n'a pas changé ! Pour l'ensemble des formations, la baisse de cet horaire est, en moyenne, de 1h30 par semaine. Les estimations effectuées laissent apparaître une amputation des formations de l'ordre de plusieurs dizaines d'heures, ce qui ne permettra plus aux enseignants d'enseigner la totalité des contenus ou les obligera à en survoler certaines parties sans prendre le temps des approfondissements nécessaires. Cela aura pour conséquence une dégradation de la formation.

Si ce projet restait en l'état, il conduirait à démanteler ces filières d'excellence que cite si souvent notre Directeur général. Son application amènerait nos élèves à ne plus bénéficier d'une réelle pédagogie novatrice, qui fait la force et la spécificité de l'enseignement agricole. Cela amènerait les élèves les plus faibles, mais aussi de nombreux élèves "moyens" à ne plus être en capacité de suivre un rythme de formation trop élevé et totalement inadapté, et donc entraînerait une diminution notable de la réussite aux examens avec des conséquences certaines sur l'insertion professionnelle.

Nous demandons que ce projet soit revu en profondeur, que le temps d'une réelle analyse soit pris, et que son application soit retardée d'un an.

Nous demandons que le projet soit réaliste c'est à dire qu'il prenne en compte les véritables réalités de l'organisation de l'année scolaire :

Toute personne soucieuse de la mise en œuvre RÉELLE des référentiels doit donc considérer, comme l'avaient fait avec raison les référentiels de Bac pro et de Bac techno, que 8 semaines sur les deux ans d'un cycle doivent être neutralisées car elles sont consacrés à l'organisation des CCF, au déroulement des épreuves terminales des examens ou bien n'existent pas car elles correspondent à des jours fériés.

Nous refusons que la DGER fasse figurer dans des référentiels modifiés à la hussarde un nombre de semaines FICTIF, car cela aura pour conséquence de priver les élèves d'un temps de formation auquel ils ont droit.

Le projet de la DGER n'a aucune légitimité pédagogique, il détruit pour des raisons purement comptables le travail d'élaboration de référentiels crédibles – des horaires en adéquation avec les contenus, c'est à dire définis conjointement par la DGER et l'Inspection pédagogique de façon à permettre d'enseigner la totalité des contenus – que nous avons validés ensemble au sein de cette instance.

Nos organisations tiennent ici à alerter solennellement l'ensemble des partenaires de l'enseignement agricole.

Nous avons averti l'administration de la colère des enseignants, des élèves et des parents d'élèves, colère qui, en l'absence d'une réponse satisfaisante, risque d'évoluer vers des mouvements préjudiciables à l'image de notre système de formation.

Si nous intervenons dans cette instance c'est pour que l'ensemble des partenaires de l'enseignement agricole prennent conscience des risques que sous-tendent ces projets pour l'ensemble des secteurs de notre système et exigent de la DGER qu'elle revoie radicalement son projet.


© Snetap-FSU 2005 - Page crée le mardi 22 mars, 2005 - Dernière mise à jour le mardi 22 mars, 2005 0:18