La question clé du projet « Grilles horaires » :
le nombre de semaines RÉELLES de formation

Note à l'attention du Cabinet du Secrétaire d'Etat


Pendant l'échange que nous avons eu lors de l'entrevue du 24 mars 2005, nous avons en particulier insisté sur la question du nombre de semaines de formation effectives qui ne peut être confondu avec la durée légale de l'année scolaire (36 semaines), y compris quand celle-ci est diminuée du nombre de semaines de stage prévu dans chaque formation.

- 2 semaines

- 3 semaines
(voire - 4 pour les classes de BTSA)

On le voit, plusieurs facteurs se cumulent et doivent conduire à déterminer le nombre de semaines complètes réelles au cours desquelles les élèves sont en situation d'enseignement pendant la durée légale de l'année scolaire, ces deux notions ne devant pas être confondues.

Pour toutes ces raisons (jours fériés + épreuves terminales d'examens + CCF + divers problèmes d'organisation des formations), la DGER avait décidé de neutraliser 8 semaines lorsqu'elle a élaboré les deux derniers diplômes créés dans l'enseignement agricole, le baccalauréat technologique en 1993 et le baccalauréat professionnel en 1995. Cela se traduisait par le calcul suivant pour déterminer le nombre de semaines de formation :

durée légale de la formation
- nombre de semaines de stage
- 8 semaines neutralisées

soit :

pour le baccalauréat technologique :
2 × 36 - 4 - 8 = 60 semaines

pour le baccalauréat professionnel :
2 × 36 - 12 - 8 = 52 semaines

Cela ne signifie pas que les élèves ne sont présents respectivement que 60 ou 52 semaines mais que le volume horaire de formation est calculé sur cette base pour approcher au plus près la réalité des heures de cours effectivement assurées, compte tenu des différents aléas cités plus haut. A partir de l'horaire total défini pour l'ensemble de la formation dans les référentiels, l'horaire hebdomadaire est obtenu en le divisant, pour chaque discipline, respectivement par 60 ou 52.

Lorsque, il y a quelques années, nous avions exprimé le souhait de parvenir à une présentation harmonisée des grilles horaires, ce sont ces deux exemples que nous prenions pour référence afin que ce mode de calcul et la présentation des tableaux horaires soient étendus aux autres diplômes [ notamment au BEPA, dont les référentiels prévoient, selon les spécialités, 62 ou 64 semaines de formation, ce qui n'est pas réaliste ].

Ce n'est pas ce qu'a fait la DGER, qui est en outre allée bien au-delà de l'harmonisation de la présentation des grilles.

En optant de façon arbitraire pour un nombre de semaines de formation NON CONFORME et SUPÉRIEUR à celui défini par les référentiels, elle a en conséquence minoré l'horaire hebdomadaire dans les nouvelles grilles, pour la totalité des diplômes à l'exception du BEPA (Si l'on divise 1 800 h par 64 au lieu de 60, ou par 58 au lieu de 52, il est évident qu'on minore le résultat).

Comme le nombre de semaines retenu dans le projet n'existe pas réellement, c'est tout le calcul qui est FAUX car en re-multipliant l'horaire hebdomadaire MINORÉ par un nombre de semaines FICTIF, on peut certes afficher que l'on maintient l'horaire total défini par le référentiel, sauf que le résultat ainsi obtenu est parfaitement VIRTUEL.

Si, au contraire, on multiplie le nouvel horaire hebdomadaire MINORÉ par le nombre de semaines RÉEL de formation, on obtient un total INFÉRIEUR à celui figurant dans le référentiel, et l'on rompt ainsi l'équilibre entre les CONTENUS et les HORAIRES, tels qu'ils avaient été définis par les référentiels.

De la sorte, on ne respecte plus les référentiels et on porte atteinte à la QUALITE de la formation, car on ne peut raisonnablement penser que l'on pourra enseigner les mêmes contenus en moins de temps avec la même efficacité ni avec la même capacité d'appropriation de ces contenus par les élèves et étudiants. Ce sont donc les chances de réussite des élèves que l'on fragilise également.

Le projet actuel de la DGER n'est donc pas
une simple HARMONISATION des grilles horaires.

Il constitue une REMISE EN CAUSE DES RÉFÉRENTIELS.

En effet, dans un référentiel, les contenus et les horaires forment UN TOUT INDISSOCIABLE, et si l'on décide de modifier l'un des éléments - et il semblerait plus logique d'envisager d'abord une évolution des contenus - on doit nécessairement modifier l'autre.

Le travail de révision des référentiels n'étant pas à l'ordre du jour, nous demandons donc à la DGER de RESPECTER ceux qui sont en vigueur et de s'en tenir à la seule harmonisation de la PRÉSENTATION des grilles horaires, sans AUCUNE REMISE EN CAUSE des horaires eux-mêmes.

Cela suppose bien entendu que l'on se mette en premier lieu d'accord sur le nombre de semaines, élément clé du projet d'harmonisation.

Si cela doit conduire à remettre en cause la conception du nouveau logiciel SIBL'E, il faut en tirer toutes les conséquences par rapport à son calendrier de mise en œuvre.


© Snetap-FSU 2005 - Page crée le vendredi 1 avril, 2005 - Dernière mise à jour le dimanche 3 avril, 2005 9:42