Grilles horaires

La nécessité de rétablir quelques vérités !


Communiqué intersyndical - Réponse au Sgen-CFDT

Snetap-FSU

sFOerta-FO

Syac-CGT

SUD Rural

Nous avons pris connaissance, avec stupéfaction et indignation, de la lettre du Sgen-CFDT aux correspondants locaux et sections locales datée du 14 avril 2005 et intitulée « Face à l'immobilisme, le Sgen-CFDT prend ses responsabilités », le jour même où le CNEA devait émettre un avis sur le projet de grilles horaires de la DGER. Notre indignation est d'autant plus vive qu'aux contre-vérités contenues dans ce document, le Sgen ajoute un dénigrement inacceptable des autres organisations syndicales (Snetap-FSU, sFOerta-FO, Syac-CGT et SUD Rural), soupçonnées d'entretenir l'immobilisme et le dogmatisme...

Outre l'habituelle propension du Sgen-CFDT à s'attribuer la paternité des négociations engagées avec l'administration et des succès obtenus « grâce à ses interventions », même quand les faits démontrent le contraire, sa lettre énonce des contre-vérités et passe sous silence ses contradictions et le choix qu'a fait cette organisation syndicale de rompre le front intersyndical sur la question des grilles horaires.

Sur la question du report du CTPC boycotté du 24 mars, le Sgen-CFDT ne peut pas ignorer que réglementairement, un CTPC qui n'a pu se tenir faute de quorum, doit être impérativement re-convoqué dans les 8 jours qui suivent. Or le CTPC du 14 avril (convoqué le 8 avril), auquel le Sgen-CFDT a accepté de siéger, ne pouvait logiquement pas être le CTPC re-convoqué du 24 mars puisque le délai de 8 jours était largement dépassé. Il s'agissait bien d'un nouveau CTPC.

Le Sgen-CFDT ne peut pas ignorer non plus qu'il a délibérément fait le choix de négocier secrètement un accord avec la DGER et le Cabinet du Ministre - pour obtenir que le nombre de semaines neutralisées soit porté de 2 à 4 - sans en informer au préalable l'intersyndicale, qu'il a de ce fait fragilisée.

Mais ce qui nous semble plus grave encore, surtout quand on prétend représenter les personnels et porter leur parole, c'est la flagrante contradiction des discours prononcés par le Sgen-CFDT sur ce dossier des grilles horaires.

A la réunion plénière de la CPC du 21 mars 2005, le représentant présent du Sgen signifiait, aux côtés des autres organisations syndicales, son refus du projet de la DGER en soulignant que ce dernier « propose un nivellement par le bas » *, que « la réalité de la baisse de l'horaire hebdomadaire moyen n'est pas acceptable » * et que « les référentiels doivent être respectés » * parce qu'ils sont la seule référence légale.

Lors du groupe de travail du 31 mars 2005, les représentants du Sgen-CFDT vont même jusqu'à affirmer haut et fort qu'il n'est plus question de négocier avec la DGER sur de telles bases, que le projet doit être complètement remis à plat et retravaillé pour une application reportée à la rentrée 2006.

Mais le 14 avril 2005, changement de discours : après s'être secrètement entendu avec le Cabinet du Ministre, et dans le dos de l'intersyndicale, sur la « neutralisation » de 2 semaines supplémentaires (neutralisation qui n'a, rappelons-le, aucune incidence sur l'horaire hebdomadaire moyen puisque celui-ci n'augmente pas), le Sgen-CFDT juge désormais le projet « ni honteux ni inacceptable » et estime même « qu'il préserve l'essentiel des spécificités de l'enseignement agricole » !

Il ose même affirmer sans s'embarrasser de nuances que « passer de 0 à 4 semaines banalisées est une progression significative » !

Avant d'énoncer de telles contre-vérités, le Sgen-CFDT devrait s'aviser de relire ses dossiers, car les référentiels prévoient déjà des semaines neutralisées pour la plupart d'entre eux : 10 en CAPA, 8 en Bac Pro, 8 en Bac Techno, 2 en BTSA... Quatre semaines banalisées ou neutralisées pour toutes les formations, c'est en effet un progrès considérable !

Et toujours soucieux de légalisme en rappelant dans sa lettre que « le référentiel reste la référence », le Sgen-CFDT n'hésite pas à réclamer la rénovation rapide des référentiels, pour rééquilibrer les contenus avec des horaires... à la baisse naturellement !

Enfin, l'acceptation par le Sgen de renvoyer à l'échelon régional le soin de gérer les difficultés liées au relèvement des seuils (notamment pour les labos) ou la suppression de la mise à niveau laisse songeur quand on sait que les SRFD recourent régulièrement à des pratiques de cavalerie financière pour honorer leurs paiements ! Et émettre le vœu, comme le fait encore le Sgen, que ces enveloppes régionales soient gérées en toute transparence, dénote soit une naïveté désarmante soit un cynisme inacceptable.

Si le Sgen-CFDT prétend « prendre ses responsabilités » sur ce dossier, il doit aussi assumer ses propres contradictions devant les enseignants. Et les accusations d'immobilisme et de dogmatisme qu'il profère à l'encontre des autres organisations syndicales ne tromperont personne : est-ce faire preuve de dogmatisme que d'exiger le strict respect des référentiels validés par les instances paritaires ? Est-ce faire preuve de dogmatisme que de réclamer le respect de seuils de dédoublements dont on sait qu'ils contribuent pleinement à la réussite des élèves ?

Si le Sgen-CFDT prétend « prendre ses responsabilités », il doit alors pleinement prendre la responsabilité de cautionner ce recul historique de la pédagogie pour l'enseignement agricole. Et il devra en assumer toutes les conséquences en termes d'emplois menacés et de conditions de travail dégradées.

Paris, le 22 avril 2005


* les phrases en italique sont extraites du compte-rendu de la CPC du 21 mars envoyé par l'administration.


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